25  Généalogie

Marie-Louise n’apparaît pas dans le vide. Derrière son nom, ses prénoms, les lieux auxquels elle était attachée et les histoires qui lui ont été transmises se trouvent plusieurs lignées familiales qui se croisent : de Casabianca, Mariani, d’Angelis et Robert.

Ce chapitre n’est pas l’arbre généalogique canonique de Marie-Louise. Il en est une projection éditoriale destinée à Suicide Corse. Les personnes, relations et sources sont maintenues dans les dossiers généalogiques du Corpus ; le présent chapitre en sélectionne ce qui aide à situer Marie-Louise dans une histoire familiale plus longue.

25.1 Une convergence de lignées

La branche immédiatement ascendante peut aujourd’hui être représentée, sous réserve des statuts de source propres à chaque maillon, de la manière suivante :

Antoine-Dominique Mariani
        │
Louis-Hugues Mariani ── Marie Joséphine d’Angelis
        │
   Pierre Mariani ── Marguerite de Casabianca
        │
Marie-Louise Mariani ── Jean Robert
        │
  Marguerite Robert
        │
Jean Hugues Noël Robert
        │
Marie-Louise Isabelle Garance Robert

Cette représentation est volontairement simple. Elle ne signifie pas que tous les maillons disposent du même niveau de documentation. Elle sert à montrer la convergence des branches qui nous intéressent ; le Corpus canonique conserve, lui, les variantes, contradictions et provenances.

25.2 De Casabianca : une mémoire généalogique exceptionnellement développée

Pour la branche de Casabianca, nous disposons d’une source familiale particulièrement riche : Rose-Marie de Casabianca, dite Moussia, La famille de Casabianca de 1400 à nos jours (2010).

Moussia ne présente pas son livre comme un travail scientifique. Elle explique qu’il prolonge les recherches familiales commencées en 1973 par Marguerite de Casabianca, dite Guite, et nourries par plusieurs parents, généalogistes et fonds d’archives. Pour la phase actuelle du Corpus, nous avons choisi une règle simple : restituer d’abord ce que dit Moussia, sans chercher simultanément à le corriger par des sources extérieures. Les éventuelles contradictions internes sont conservées comme telles.

Son récit permet de suivre une longue lignée de Casabianca jusqu’à Marguerite de Casabianca (1861-1919). Selon Moussia, Marguerite épouse en 1893 le baron Pierre Mariani. Après un premier fils, Louis, mort très jeune, le couple a Marie-Louise Mariani, née le 3 août 1901.

Moussia est elle-même apparentée à cette branche. Pierre de Casabianca (1859-1944), frère de Marguerite, est le père de François-Marie III, lui-même père de Rose-Marie « Moussia ». Elle n’écrit donc pas seulement sur une famille historique : pour les générations les plus récentes, elle écrit aussi sur des personnes de son entourage familial.

25.3 Mariani : Corte, Minesteggio et la transmission vers les Robert

Le dossier Mariani commence à être restructuré séparément parce que sa documentation dépasse largement ce qu’en raconte Moussia.

Dans le récit de Moussia, Pierre Mariani est fils de Louis-Hugues Mariani et petit-fils d’Antoine-Dominique Mariani. Le Corpus possède par ailleurs une documentation propre sur les barons Mariani, leurs activités publiques, leurs alliances et leur implantation à Corte.

Pour l’histoire qui conduit à Marie-Louise, le point essentiel est le couple Pierre Mariani – Marguerite de Casabianca. Moussia situe la mort de Marguerite, le 17 septembre 1919, à Minesteggio, près de Corte. Pierre meurt à Bastia le 17 février 1938.

Leur fille Marie-Louise Mariani épouse Jean Robert en juillet 1939. Leur fille unique, Marguerite Robert, naît le 12 décembre 1940. La lignée qui portait jusque-là successivement les noms de Casabianca et Mariani entre alors, par l’état civil, dans la branche Robert.

Cette succession des noms ne signifie pas disparition des appartenances précédentes. Les lieux, les tombeaux, les récits, les prénoms et les usages familiaux continuent à transporter une histoire plus ancienne que le seul patronyme porté à l’état civil.

25.4 d’Angelis : deux raccords différents

La branche d’Angelis présente une particularité importante : elle rencontre la généalogie étudiée ici à au moins deux endroits distincts dans les sources actuellement structurées.

Le premier raccord concerne Marie Joséphine d’Angelis, donnée dans le dossier de travail comme épouse de Louis-Hugues Mariani et mère de Pierre Mariani. Si ce maillon est confirmé selon les exigences documentaires du dossier d’Angelis, le nom d’Angelis appartient donc directement à l’ascendance de Marie-Louise par la branche Mariani.

Le second raccord est différent. Selon Moussia, Marie-Louise de Casabianca (1855-1930), sœur de Pierre de Casabianca et de Marguerite de Casabianca, épouse Gaston d’Angelis. Leur fils François, né en 1882, ouvre une branche d’Angelis collatérale.

Ces deux raccords ne doivent pas être confondus : l’un relève de l’ascendance directe étudiée vers Marie-Louise ; l’autre d’une alliance collatérale Casabianca–d’Angelis.

25.5 Deux Marie-Louise, puis une troisième

La généalogie fait apparaître une répétition particulièrement visible du prénom Marie-Louise :

  • Marie-Louise de Casabianca, née en 1855, épouse d’Angelis ;
  • Marie-Louise Mariani, née en 1901, arrière-grand-mère de Marie-Louise Robert ;
  • Marie-Louise Isabelle Garance Robert, née en 1998.

Cette répétition est un fait généalogique. La signification qui lui a été donnée, consciemment ou non, par les différentes générations relève d’une autre enquête. Le chapitre doit donc distinguer la transmission observable du prénom des interprétations que l’on pourrait être tenté d’y attacher.

25.6 Une généalogie n’est pas seulement une liste d’ancêtres

Pour Suicide Corse, l’intérêt de cette généalogie ne réside pas dans l’ancienneté d’une famille ou dans l’accumulation de personnages historiques. Il réside dans la possibilité de documenter ce qui se transmet et ce qui se rompt : noms, prénoms, lieux, maisons, tombeaux, récits, relations entre générations, patrimoines matériels et mémoires familiales.

La généalogie devient ainsi une des couches du dossier Marie-Louise. Elle ne fournit pas, à elle seule, une explication de son destin. Elle permet en revanche de reconstruire plus précisément le monde familial dans lequel ce destin s’inscrit.

25.7 Méthode et limites

Les trois dossiers canoniques sont désormais séparés :

musee-mariani/casabianca/
musee-mariani/mariani/
musee-mariani/dangelis/

Ils utilisent notamment des tables TSV de personnes et de relations. Cette organisation permet de faire évoluer la généalogie sans réécrire manuellement chaque projection éditoriale.

La règle reste :

sources et témoignages qualifiés
        ↓
dossiers généalogiques canoniques
        ↓
projection relative à Marie-Louise
        ↓
chapitre Généalogie de Suicide Corse

Une formulation publiée dans Suicide Corse ne devient jamais, par sa seule publication, une preuve généalogique. Inversement, lorsqu’un dossier canonique est corrigé ou enrichi, cette projection doit pouvoir évoluer avec lui.

Ce chapitre est donc en preview : suffisamment structuré pour être lu, mais explicitement ouvert aux enrichissements et corrections du Corpus.