Appel à témoignages

Suicide Corse — l'enquête commence maintenant

Le 17 septembre 2024, Marie-Louise est morte.

À l'occasion du deuxième anniversaire de sa mort, Suicide Corse ouvre publiquement une nouvelle phase de l'enquête sur les circonstances de sa mort, sur son parcours, et sur les enseignements que nous pouvons collectivement en tirer.

Si vous avez connu Marie-Louise, même brièvement, ou si vous détenez une information, un document, une photographie, un message ou un souvenir susceptible d'éclairer son parcours, votre contribution peut compter.

Il n'existe pas de « petit » témoignage. Une information apparemment insignifiante peut prendre son sens lorsqu'elle est rapprochée de nombreuses autres.

Pourquoi cette enquête ?

Après le choc de sa mort, puis les difficultés rencontrées pour parvenir simplement à lui organiser des obsèques dignes, j'ai commencé une enquête personnelle, parallèle à celle menée par la gendarmerie. J'ai rapidement rencontré une accumulation d'obstacles administratifs, juridiques, institutionnels et informationnels. Le recours aux services d'un juriste n'a pas suffi à les franchir.

Après une période d'abattement, j'ai repris autrement. Mes travaux informatiques autour de l'intelligence artificielle, de la mémoire numérique et des jumeaux numériques ont progressivement changé l'échelle de ce qu'il m'était possible d'explorer.

Suicide Corse repose désormais sur deux jumeaux numériques complémentaires : celui de Marie-Louise et celui de la Corse. Le premier vise à documenter aussi fidèlement que possible une personne, son parcours, son œuvre, ses relations, ses choix et ce qui lui est arrivé. Le second vise à comprendre le territoire dans lequel cette vie s'est déroulée : ses institutions, ses dispositifs d'aide, ses solidarités, ses contraintes, ses mécanismes d'empêchement éventuels et ses capacités encore disponibles.

Ce que je recherche

Témoignages directs ou indirects, souvenirs, correspondances, photographies, œuvres, publications, démarches administratives connues, épisodes de vie, rencontres, difficultés rencontrées, aides reçues ou recherchées, projets, engagements, déplacements, lieux fréquentés ou personnes rencontrées.

Vous pouvez avoir connu Marie-Louise pendant dix ans ou dix minutes. Vous pouvez aussi ne l'avoir jamais rencontrée personnellement mais disposer d'une information concernant un événement, une institution, une procédure ou un contexte ayant compté dans son parcours.

Dans le doute, transmettez.

Vous pouvez aussi consulter les questions actuellement ouvertes dans l’enquête : une réponse partielle, une correction ou l’identification d’une nouvelle piste peuvent être utiles.

Si votre démarche concerne une analyse juridique, statistique, historique ou technique plutôt qu'un témoignage personnel, consultez l'appel ouvert à contribution et compétences.

Comment une contribution est traitée

Une contribution n'est pas automatiquement tenue pour un fait établi. Elle entre dans l'enquête avec sa provenance et son statut : trace, voix directe, témoignage tiers, interprétation, hypothèse ou inconnu. Elle peut confirmer une piste, la contredire, ouvrir une bifurcation ou simplement signaler qu'une question reste ouverte.

La réception d'une contribution, sa conservation, son utilisation dans l'enquête et sa publication sont des opérations distinctes. Transmettre une information n'emporte donc pas automatiquement consentement à sa publication.

Pour contribuer : écrivez à institutmariani@gmail.com. Une date approximative, un lieu, un prénom ou une pièce jointe suffisent pour ouvrir une piste — aucun témoignage complet ou structuré n'est nécessaire. Précisez si vous acceptez qu'elle soit un jour citée publiquement, même partiellement ou de façon anonymisée ; à défaut, elle sera traitée comme confidentielle par défaut.

Le Guide public peut préparer un brouillon à copier. Cette conversation n'est pas un témoignage et le Guide ne l'envoie pas.

Un travail de mémoire et de recherche

Ce travail est conduit dans le cadre de l'Institut Mariani, organe de recherche et développement de l'association C.O.R.S.I.C.A.. Il est lié aux travaux sur les jumeaux numériques, au Musée Mariani des Possibles, ainsi qu'aux futurs fonds de dotation Barons Mariani et Les Amis de Malou.

Les Amis de Malou aura vocation à faire vivre la mémoire de Marie-Louise, à préserver et transmettre son œuvre et à contribuer à la prévention du suicide. Le fonds Barons Mariani vise notamment à transmettre ce qui a été possible dans le passé pour aider à explorer ce qui pourrait redevenir possible demain sous des formes nouvelles.

La première exigence de cette enquête est de ne pas savoir à l'avance ce qu'elle doit découvrir. Elle cherchera les faits avant les conclusions.

D'avance, merci pour vos contributions, grandes et petites.

Pour Marie-Louise,
son père,
Jean Hugues Noël Robert
baron Mariani